La sylviculture s’est transmise de génération en génération. Chaque année, des milliers d’oiseaux sont capturés pour être entraînés au chant et participer aux concours organisés partout en Espagne. Mais BirdLife International considère cette pratique comme une menace majeure pour les oiseaux.
L’Espagne a signé la directive européenne sur les oiseaux, pourtant elle continue d’autoriser des milliers d’amateurs à capturer différents types d’oiseaux pour cette activité. Depuis 2011, la Commission européenne a lancé des procédures d’infraction. Les permis de capture ont été supprimés dans plusieurs communautés, particulièrement à Madrid. Entre 2010 et 2017, plus de 210000 captures y ont été enregistrées, selon le député Alejandro Sanchez d’Equo.
- Une tradition controversée
- Pièges autorisés
- Des statistiques négatives
- Contraste des arguments
Une tradition controversée
La sylviculture remonte aux premiers peuples qui capturaient des oiseaux pour se nourrir. Ils ont découvert qu’en utilisant d’autres oiseaux comme appâts, ils pouvaient en capturer davantage.
L’entraînement des oiseaux avec des “maîtres chanteurs” s’est popularisé du sud de l’Espagne à tout le territoire. C’est devenu un sport qui compte aujourd’hui plus de 40000 pratiquants amateurs.
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Depuis quelques années, les organisations environnementales et de protection animale dénoncent cette activité. Elles affirment qu’elle menace la biodiversité des espèces migratrices. Les statistiques montrent des milliers de captures et de morts chaque année. Les pièges causent du stress aux spécimens, qui finissent souvent par mourir.
Pièges autorisés
Les pièges utilisés en sylviculture ont été examinés par le ministère de l’Environnement. Le système fonctionne avec des cordes et des filets latéraux qui s’abaissent vers le centre pour capturer les oiseaux attirés par les chardons et autres plantes disposées intentionnellement. Des oiseaux appelés “appels” servent à attirer les oiseaux de passage par leurs chants.
Les espèces capturées en Espagne sont la linotte, le serin, le chardonneret, le pinson et le verdier. Aux îles Canaries, seule la linote des îles est autorisée. Tous ces oiseaux sont gardés en cage pendant leur entraînement au chant.
Avant 2010, la colle et les élastiques étaient tolérés. Cette pratique a été interdite. Seuls les pièges en filet sont désormais autorisés, considérés comme inoffensifs. Malgré cela, la sylviculture viole la législation européenne qui interdit la capture de pinsons sauvages. Une alternative existe : l’élevage en captivité.
Les sylvestriens s’opposent à cette solution. Selon eux, les oiseaux doivent naître libres pour conserver les qualités de chant sauvage héritées de leurs parents et congénères. L’utilisation d’oiseaux élevés en captivité, même dans la meilleure cage à oiseaux du moment, signifierait la disparition du sylvestrialisme.
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Des statistiques négatives
En octobre 2018, la Communauté de Madrid a interdit les permis de capture pour la sylviculture. L’Union européenne menaçait de sanctions économiques qui affecteraient les contribuables bien plus que les pratiquants.
Entre 2010 et 2016, 205401 oiseaux ont été capturés à Madrid par 1500 sylviculteurs autorisés. Le détail : 125760 chardonnerets, 54280 linettes et 25361 verdiers, tous légaux dans la région.
À ces chiffres officiels s’ajoutent les captures illégales sur tout le territoire. Les confiscations d’oiseaux braconnés et d’espèces interdites le démontrent. Certains de ces oiseaux sont revendus, comme l’a relevé le député Alejandro Sanchez.
Selon SEO BirdLife, ces captures mettent en péril la viabilité future des populations concernées. L’organisation affirme ne pas vouloir stigmatiser les pratiquants. Elle respecte les valeurs des traditions. Cependant, le plaisir de quelques athlètes ne peut pas affecter le patrimoine naturel régional. Ces pratiques doivent être rendues durables.
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Contraste des arguments
La Fédération de chasse de Madrid défend la pratique. Selon ses données, le taux de mortalité adulte ne dépasse pas 1%. Aucun indicateur ne montre que l’espèce a diminué à cause de ce sport en Espagne.
Elle réclame une période de transition d’au moins dix ans avant de passer à l’élevage en captivité. La fédération admet ne pas disposer de preuves scientifiques garantissant que les pinsons élevés en captivité conserveraient leurs qualités de chant.
Le débat reste vif et partagé. D’un côté, les organisations de défense des animaux et de conservation des espèces migratrices appuyées par les lois internationales. De l’autre, des milliers de personnes attachées au maintien de leurs traditions culturelles.
Partout en Espagne, des milliers de familles et communautés encouragent la sylviculture responsable. Leur objectif est de transmettre cette passion aux générations futures. Pour eux, les soins et l’attention envers l’oiseau pendant l’entraînement restent la priorité pour obtenir les meilleurs résultats.
