Comment les investisseurs construisent des portefeuilles entiers avec des ETF

Comment les investisseurs construisent des portefeuilles entiers avec des ETF
Les ETF révolutionnent la construction de portefeuilles diversifiés. Grâce à leur simplicité d'accès et à des frais réduits, ils permettent aux investisseurs de couvrir l'ensemble des marchés financiers avec quelques instruments. Explorez les différentes approches pour bâtir votre portefeuille optimal.

Pendant longtemps, la construction d’un portefeuille diversifié exigeait d’acheter des dizaines d’actions et d’obligations individuelles, de suivre chaque position et de rééquilibrer manuellement l’ensemble. Les ETF (Exchange Traded Funds, ou fonds négociés en bourse) ont changé la donne. Aujourd’hui, de nombreux investisseurs, particuliers comme professionnels, bâtissent des portefeuilles complets et diversifiés à l’échelle mondiale à l’aide d’une simple poignée de ces instruments.

Qu’est-ce qu’un ETF et pourquoi est-il devenu un outil central de construction de portefeuille ?

Avant d’aller plus loin, une question s’impose : qu’est-ce qu’un ETF ? Il s’agit d’un fonds coté en bourse qui réplique la performance d’un indice, d’un secteur, d’une matière première ou d’une classe d’actifs. Un seul ETF peut ainsi donner accès à des centaines, voire à des milliers de titres sous-jacents en une seule transaction.

Cette simplicité d’accès, associée à des frais de gestion généralement faibles et à une liquidité élevée, explique pourquoi les ETF sont devenus une composante de base privilégiée dans la construction d’un portefeuille, plutôt qu’un simple complément ponctuel.

Le principe : diversifier sans multiplier les lignes

L’idée centrale d’un portefeuille composé à 100 % d’ETF est simple : au lieu de sélectionner individuellement des actions ou des obligations, l’investisseur choisit des blocs entiers de marché. Un ETF d’actions mondiales couvre des milliers d’entreprises réparties sur plusieurs continents. Un ETF obligataire peut couvrir la dette souveraine ou d’entreprise de toute une zone économique. En combinant quelques ETF complémentaires, il devient possible de couvrir l’essentiel des marchés financiers mondiaux.

Cette approche répond à un objectif classique de la gestion de portefeuille : réduire le risque propre à une entreprise ou à un secteur, tout en conservant une exposition au risque de marché, historiquement rémunéré sur le long terme.

Les grandes catégories d’ETF utilisées dans la construction de portefeuille

Un portefeuille structuré autour des ETF repose généralement sur plusieurs composantes :

  • ETF d’actions diversifiés : ils répliquent des indices mondiaux ou régionaux, couvrant notamment les marchés développés, les marchés émergents ou certaines zones géographiques.
  • ETF obligataires : ils couvrent les emprunts d’État ou les obligations d’entreprise de qualité investment grade ou high yield, avec différentes échéances.
  • ETF sectoriels ou thématiques : technologie, santé, énergie, intelligence artificielle ou transition énergétique, ils permettent d’ajuster l’exposition à des tendances spécifiques.
  • ETF sur matières premières : or, pétrole ou paniers diversifiés, souvent utilisés comme protection contre l’inflation ou comme outils de diversification.
  • ETF immobiliers (REIT) : ils offrent une exposition à l’immobilier coté sans nécessiter l’achat direct de biens physiques.

Trois approches courantes de construction

1. Le portefeuille « cœur-satellite »

Cette approche consiste à bâtir un cœur de portefeuille composé d’un ou deux ETF très diversifiés, par exemple un ETF d’actions mondiales et un ETF obligataire global, représentant la majorité de l’allocation. Autour de ce cœur, des satellites plus ciblés, sectoriels, géographiques ou thématiques, permettent d’exprimer des convictions ou de rechercher un surcroît de performance sans déséquilibrer l’ensemble du portefeuille.

2. L’allocation par classes d’actifs (actions et obligations)

Une méthode plus traditionnelle consiste à définir une répartition cible entre actions et obligations en fonction du profil de risque de l’investisseur, par exemple 60 % d’actions et 40 % d’obligations, puis à choisir un ETF pour chaque poche. Cette répartition peut évoluer au fil du temps, selon l’horizon d’investissement ou la tolérance au risque.

3. Le portefeuille « tout-en-un »

Certains émetteurs proposent des ETF multi-actifs qui intègrent déjà une combinaison d’actions et d’obligations correspondant à un profil de risque prédéfini, qu’il soit prudent, équilibré ou dynamique. Un seul produit peut alors constituer l’intégralité, ou presque, du portefeuille.

Les avantages recherchés par les investisseurs

  • Diversification immédiate : une seule ligne peut couvrir un marché entier.
  • Coûts réduits : les frais de gestion des ETF indiciels sont souvent nettement inférieurs à ceux des fonds gérés activement.
  • Transparence : la composition des ETF est généralement publiée quotidiennement.
  • Liquidité : les ETF se négocient en bourse tout au long de la séance, comme des actions.
  • Simplicité de suivi : gérer trois à dix ETF est beaucoup plus simple que de suivre des dizaines de titres individuels.

Les points de vigilance

Construire un portefeuille avec des ETF ne supprime pas le risque de marché : un ETF d’actions reste exposé aux baisses boursières, tandis qu’un ETF obligataire demeure sensible aux variations des taux d’intérêt. Il convient également de surveiller les éléments suivants :

  • Les doublons involontaires : plusieurs ETF peuvent fortement se chevaucher lorsqu’ils répliquent des indices proches, ce qui réduit l’effet de diversification recherché.
  • Le risque de change : les ETF exposés à des devises étrangères sans couverture ajoutent une composante de risque supplémentaire.
  • La liquidité de l’ETF lui-même : certains ETF de niche peuvent afficher des volumes d’échange plus faibles, ce qui peut avoir une incidence sur les écarts de prix.
  • Le rééquilibrage : une allocation initiale se déforme au fil du temps en fonction de la performance de chaque poche ; un rééquilibrage périodique reste donc nécessaire pour maintenir le profil de risque souhaité.

En résumé

Les ETF permettent aujourd’hui de construire des portefeuilles complets et diversifiés à l’aide d’un nombre limité d’instruments, tout en maîtrisant les coûts et en conservant une grande flexibilité. Qu’il s’agisse d’une approche cœur-satellite, d’une allocation classique entre actions et obligations ou d’un ETF multi-actifs unique, la méthode retenue dépendra avant tout du profil de risque, de l’horizon de placement et des objectifs propres à chaque investisseur.